Bien caresser son chat

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Bien caresser son chat

Message par abyssine le Ven 10 Aoû 2018 - 12:27

Du dos au menton, comment bien caresser son chat

Quoi de plus agréable que de laisser courir ses mains sur le pelage de son animal. Mais pour que lui aussi apprécie ces marques d’affection, quelques règles s’imposent.

FRÉDÉRIC REIN
10.12.2016

Un excès de caresses peut provoquer du stress
La caresse est une marque d’affection, mais elle peut finir par courir sur le système des chats. C’est ce qu’a mis en lumière une autre étude de l’Université de Lincoln. Elle montre que trop de gratouillis peuvent aussi engendrer du stress chez les chats, «qui les tolèrent plus qu’ils ne les apprécient». Les scientifiques ont découvert que lorsqu’ils sont manipulés par l’homme, ils sécrètent une hormone liée à l’anxiété. «Les matous semblent d’ailleurs être plus stressés que les femelles», explique le professeur Daniel Mills, qui a mené cette recherche. 

«Le corps d’un chat est recouvert de poils tactiles extrêmement sensibles, qui détectent des modifications de pression de l’ordre de 1 à 2 grammes, poursuit la vétérinaire comportementaliste Colette Pillonel. Les caresses répétées peuvent donc être ressenties par certains chats comme une douleur, proche d’une décharge électrique. Imaginez que l’on caresse longuement et avec insistance la plante de vos pieds!» D’où l’importance de bien observer les réactions de Minet lors d’une séance de papouilles. Car quand elle est bien acceptée, elle témoigne toujours, selon la vétérinaire, de l’amitié que vous porte votre chat.

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Le geste est intuitif et bienveillant, mais parfois mal placé et, de fait, mal interprété. Caresser un chat demande de la méthode. Des chercheurs de l’Université britannique de Lincoln se sont frottés à cette délicate question. Leur étude, publiée dans Applied Animal Behaviour Science, a été menée sur 54 chats et montre les zones corporelles où les gratouilles sont bienvenues et celles où elles sont à proscrire. Verdict: on peut y aller gaiement au niveau de la tête, en insistant sur le contour des lèvres, le menton et les joues, là où se trouvent des glandes odoriférantes, qui sécrètent les phéromones, substances chimiques qui permettent au chat de marquer son territoire. Y a-t-il un rapport entre son plaisir et la présence de ces glandes? «Je ne pense pas, répond la vétérinaire comportementaliste fribourgeoise Colette Pillonel. Il s’agit plutôt d’une reproduction agréable du comportement de toilettage mutuel des chats, qui renforce, par la même occasion, les liens que l’on entretient avec eux.»

Le dos et la nuque se laissent généralement aussi parcourir, à la différence de la base de leur queue, qui n’a pas trouvé grâce aux yeux des individus étudiés. Vraisemblablement parce qu’il s’agit d’une zone particulièrement érogène. Quant à la queue elle-même et aux pattes, elles ont suscité peu de réactions. «Comme le chat peut être la proie d’animaux plus grands, il doit être en mesure de mobiliser ses pattes à tout instant pour pouvoir fuir, même si, lors de grands moments de détente, certains apprécient un petit instant de grattage entre les petons, commente Colette Pillonel. La queue, moyen d’expression, accueille habituellement avec réticence les guili-guili.»

Quid du ventre, partie vulnérable du corps? La recherche anglaise le qualifie de zone hybride, où les papouilles sont appréciées par certains et abhorrées par d’autres. «Un chat qui se met en position couchée sur le flanc n’est pas automatiquement en demande de câlins, note la Vaudoise Marylène Wassenberg, comportementaliste pour chats. Il se peut également qu’il soit prêt à attaquer une main qui se hasarderait à le toucher sous le ventre. Je note que les femelles sont souvent moins tolérantes que les mâles en matière de caresses ventrales.»

Lenteur et douceur

Sur cette carte corporelle aux confins de la géopolitique, le moindre geste peut donc transformer une zone de paix en zone de guerre! Mais au-delà des endroits eux-mêmes, il existe quelques règles de base. A commencer par tendre la main à un chat, qu’il puisse la sentir et s’y frotter, ce qui veut dire: «Je suis d’accord pour que tu me caresses.» «Il faut éviter de le surprendre par-derrière en le caressant directement sur le dos, ou même sur la tête, car il va percevoir cela comme une intrusion dans son périmètre de sécurité, ce qui peut entraîner des réactions violentes», prévient la comportementaliste vaudoise.

Une fois cet accord implicite obtenu, on peut passer aux caresses. Par l’entremise de mouvements doux, lents et délicats, et jamais à rebrousse-poil. «Chaque chat possède son seuil de tolérance, selon son vécu et sa génétique. Mais s’il garde le dos bien rond, les oreilles en avant, les yeux mi-clos, n’a aucun battement de queue et se met à ronronner, c’est bon signe», détaille Marylène Wassenberg. Et Colette Pillonel d’enchaîner: «On oublie souvent que tous nos petits félins n’ont pas le même stade de domestication. Certains chats européens ont souvent dans leur ascendance des chats harets (chat domestique retourné à l’état sauvage, ndlr), alors que des chats de race sont issus d’espèces sauvages, ce qui n’est pas forcément compatible avec la tolérance d’un contact étroit avec l’homme.»

Plutôt à l’aube et au crépuscule

L’important, selon la vétérinaire-comportementaliste fribourgeoise, c’est de faire plaisir et de se faire plaisir. «Les chats nous indiquent vite ce qu’ils apprécient ou non. D’aucuns aiment le contact avec la main, d’autres préfèrent l’utilisation d’une brosse, qui permet en même temps d’éliminer les poils morts.» Bien connaître un chat permet de savoir ses préférences et d’interpréter les signaux qui signifient «stop», sous peine de se faire griffer ou mordre, parmi lesquels les oreilles positionnées vers l’arrière, les pupilles qui se dilatent, la queue qui commence à s’agiter, les poils qui se hérissent ou l’envie flagrante de fuir. L’accord tacite de caresses peut être de courte durée. «Un chat peut vite changer d’avis et commencer à mordre, souligne Marylène Wassenberg. Si ce comportement est récurrent, cela veut dire que l’on est face à un «caressé-mordeur», attitude qui nécessite une consultation chez un spécialiste.»

Enfin, le comportement d’un chat qui ne se laisse ni caresser ni approcher peut indiquer une peur ou un état de santé physique et/ou psychologique vacillant. Dans ce cas, mieux vaut éviter de le toucher et, si cela dure, solliciter son vétérinaire. Car l’humeur du jour entre en ligne de compte, tout comme l’heure. «Les chats sont plus réceptifs et demandeurs d’interactions positives avec l’homme – que ce soit des caresses ou une séance de jeu – à l’aube et au crépuscule, deux moments de la journée où ils sont nettement plus actifs», rappelle la comportementaliste vaudoise. «Dieu a inventé le chat pour que l’homme ait un tigre à caresser chez lui», aimait à dire Victor Hugo. Mais encore faut-il que celui-ci y soit disposé!
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abyssine

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Re: Bien caresser son chat

Message par brigitte59 le Ven 10 Aoû 2018 - 17:49

C est un article très intéressant

Merci abyssine
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brigitte59

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